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Le Modèle de la dette : La remise en cause Grecque

 
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shadok
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MessagePosté le: Sam 21 Mar - 11:08 (2015)    Sujet du message: Le Modèle de la dette : La remise en cause Grecque Répondre en citant

Un remarquable billet de Jean François GOULON :


Yanis Varoufakis, l’homme qui fait trembler le gouvernement allemand
17 MARS 2015 |  PAR JEAN-FRANÇOIS GOULON

Le ministre des finances de la Nouvelle Grèce sait comment régler la crise de la zone euro. Schaüble, Merkel, Draghi et les autres en sont parfaitement conscients et c'est pourquoi Varoufakis est, pour eux, l'homme à abattre.
Un crime contre l’humanité ?
En 2010, alors qu’ils se croyaient à l’abri d’une débâcle bancaire d’une ampleur similaire à celle qui sévissait aux États-Unis et avait emporté la troisième plus grande banque du pays, le gouvernement allemand de Mme Merkel, le gouvernement français de M. Sarkozy, la banque centrale européenne dirigée par M. Trichet et la commission européenne dirigée par M. Barroso découvrent avec horreur que les plus grandes banques européennes, c’est-à-dire avant tout françaises et allemandes, vont se trouver acculées au dépôt de bilan si rien n’est fait par les politiques pour essuyer les énormes pertes dues à leur mauvaise gestion.
Les prêts consentis par la Société Générale, et ses consœurs, à divers gouvernements européens se trouvent n’être rien d’autre que des prêts toxiques ‘subprime’ accordés, en toute connaissance de cause, à des États empruntant au-dessus de leurs moyens. Nous savons maintenant, par exemple, le rôle que Goldman-Sachs a joué en maquillant les comptes de la Grèce. Le Krach de 2008 ne fait que rendre patent, et immédiat, ce que tous les financiers savaient : La Grèce, mais aussi l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, etc. étaient surexposés au risque, et ces pays ne pourraient jamais rembourser leurs dettes auprès des grandes banques des pays de l’Europe du Nord lorsque les bulles éclateraient. Ces banques sont donc elles aussi en situation de faillite. Il faut impérativement empêcher leur dépôt de bilan sous peine de mort économique de la zone euro.
Pour renflouer ces banques françaises et allemandes si mal gérées par leurs dirigeants, la solution choisie fut, comme toujours, de puiser au fond des poches des contribuables de la zone euro. Mais, coincés par le carcan institutionnel du Traité de Maastricht, nos grands argentiers ne pouvaient donner cet argent directement aux banques en faillite et décidèrent  que ce serait Athènes qui le ferait. On interdirait au gouvernement grec de se déclarer en situation de défaut et on lui accorderait un ‘nouveau’ prêt. Et qu’importe si une nouvelle fois on accorde aux Grecs un prêt dont on sait qu’ils ne pourront jamais le rembourser, ce ‘nouveau’ prêt sera assorti de conditions draconiennes pour faire passer la pilule auprès des électeurs du nord de l’Europe et faire croire que la crise est due à la gabegie des citoyens grecs plutôt qu’à l’incurie des dirigeants politiques européens et à l’avidité des banquiers qu’ils défendent.
Et qu’importe si un pays entier se retrouve dans une situation de pauvreté digne des raisins de la colère. Voilà ce que Yanis Varoufakis qualifie de crime contre l’humanité. Et peut-être un jour, proche, ces hommes politiques qui choisirent leur survie politique avant la survie de l’Europe se trouveront en état d’arrestation citoyenne.
Une solution à portée de main
Yanis Varoufakis, en tandem avec l’ancien conseiller de Jacques Delors, Stuart Holland, puis de l’économiste américain James Galbraith, a mis sur pied une méthode pour se débarrasser une fois pour toutes de la crise de la dette souveraine des pays du sud de l’Europe ET pour relancer la croissance économique de la zone euro, et cela sans faire d’entorses aux Traités européens qui nous contraignent. Cela peut sembler trop beau pour être vrai, mais pas pour Michel Rocard, qui a préfacé cette Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, ni pour les dizaines d’économistes qui la défendent maintenant, ni pour les financiers et hommes d’affaires de la City qui ont applaudi Yanis Varoufakis lors de sa présentation de cette Modeste proposition à Londres le mois dernier.
Le gros défaut de sa proposition, et c’est cela peut-être son plus grand crime, est justement que Berlin, Bruxelles et Francfort savent qu’elle a toutes les chances de réussir. Que la survie de la zone euro et la relance de l’économie européenne soient dues à l’action d’un économiste gauchisant revient à signer l’arrêt de mort politique de nos dirigeants actuels. Sans parler de la contagion électorale, en Espagne, au Portugal, en Irlande… et même en France, qu’il faut absolument endiguer sous peine de voir l’Europe néo-libérale et antidémocratique passer aux mains d’hommes de gauche farouchement européens et humanistes.
Vue de Berlin, sa proposition se trouve être monstrueuse pour une autre raison aussi. Pour la première fois depuis l’intégration de l’Europe dans les années 50, l’Allemagne se trouve seule, et sans conteste, aux commandes.  Le moteur franco-allemand est bel et bien mort. De Gaulle et Mitterand doivent se retourner dans leurs tombes devant le spectacle affligeant qu’est celui de nos gouvernements successifs allant quémander toutes autorisations outre-Quiévrain et outre-Rhin.
Il faut donc avoir la peau de Varoufakis
Cet encombrant Varoufakis doit être démoli. Et c'est pour cela que même les grands médias n’hésitent pas à recourir aux méthodes de la presse de caniveau. On apprendra comment les producteurs de la première chaîne de télévision allemande ont attiré Yanis Varoufakis dans un traquenard [1]. Comment la presse magazine allemande traîne le nouveau ministre des finances grec dans la boue, depuis sa nomination. Comment l’on a monté en épingle une séance photos dans Paris Match pour déstabiliser le ministre, alors que le grand public français n’y trouve rien à redire. [2] Comment nombre de membres de l’Eurogroupe sapent toute tentative de dialogue esquissé par les responsables de la Commission européenne. Seule la presse anglo-saxonne nous montre les dessous de la partie qui se joue. Mais la Grande-Bretagne ne fait pas partie de la zone euro, est-ce un hasard ?
Une chance pour la France ?
Comme l’indiquait Yanis Varoufakis en novembre 2014 dans la nouvelle préface de son livre majeur Le Minotaure planétaire – l’ogre américain, la désunion européenne et le chaos mondial, c’est en France que se trouve la ligne de front.  Pourquoi ? Parce que les hommes politiques français sont ceux qui ont le plus perdu dans ce jeu de dupe européen. Et, parce que l’exposition des banques françaises à la dette grecque est d’une taille relativement proche de celle des banques allemandes, et la deuxième en valeur.
En se prononçant clairement et fortement en faveur d’une restructuration de la dette grecque, en se prononçant clairement et fortement en faveur d’une politique de relance économique au niveau européen (pour laquelle il a été élu), en se prononçant clairement et fortement contre l’instrumentalisation cynique de la misère du peuple européen, François Hollande possède une dernière chance de sauver son quinquennat de l’échec et de sauvegarder sa place dans l’Histoire. En donnant un signe clair, fort, que la France n’accepte plus que les institutions européennes soient les otages des intérêts financiers et de la courte vue politique d’une certaine classe, le Président de la République Française peut replacer le citoyen au cœur de l’Europe. Les pays de l’Europe du Sud, mais aussi les forces progressistes qui existent en Allemagne et dans les autres pays de l’Europe du Nord, ont besoin que la France leur apporte son soutien en donnant enfin de la voix. La France le peut. La France le doit.
______________ 
Notes :
[1] L’affaire du doigt d’honneur aux Allemands. Voici in extenso la réponse que les organisateurs du Festival Subversif de Zagreb ont donnée sur leur page Facebook :
« En tant qu’organisateurs du Festival Subversif qui s’est tenu à Zagreb en mai 2013, nous avons été approchés par les médias pour commenter l’affaire du « doigt d’honneur ». Nous avons été très heureux d’inviter M. Varoufakis à donner une conférence publique à notre Festival et à y présenter son livre « The Global Minotaur » [Le Minotaure planétaire, éd. du cercle, 2015] dans notre programme de présentation de livres. Il faut tout de suite dire qu’il y a eu deux doigts d’honneur dans sa réponse à une question de l’auditoire. Pour autant, M. Varoufakis n’a pas pointé son majeur en direction de l’Allemagne ou des Allemands mais il parlait d’une situation hypothétique se référant à janvier 2010 lorsque la Grèce, à son avis, aurait dû faire défaut – sans quitter l’euro – et donc « faire un doigt d’honneur à l’Allemagne », signifiant clairement par-là, non pas à l’Etat allemand ou à son peuple, mais au gouvernement allemand qui, à l’époque comme aujourd’hui, était le principal représentant de la désastreuse politique d’austérité dans l’UE. A cet égard, sa déclaration (ou figure de rhétorique) et sa signification ont été sorties de leur contexte. Toutefois, on peut se demander pourquoi les médias ne rendent pas compte du second doigt d’honneur mentionné par Varoufakis ce jour-là : celui que l’Argentine a fait au FMI, en faisant défaut sur sa dette. Ces deux doigts d’honneur étaient clairement pointés en direction de la destruction néolibérale des sociétés de l’Europe du Sud, de l’Amérique du Sud et d’ailleurs, ainsi qu’en direction de la servitude de la dette et de la domination néo-coloniale. A cet égard, ce doigt d’honneur pointait dans la bonne direction. Ce message a été parfaitement bien compris par tous ceux qui étaient présents à ce Festival Subversif en mai 2013, comme il devrait l’être aujourd’hui ».
L’équipe du Festival Subversif
Pour information, le présentateur vedette de la chaîne allemande, Günther Jauch, présentait auparavant « Qui veut gagner des millions »...
[ajouté le 19 mars 2015 à 12h20 : la vidéo était truquée... +déclaration de Jan Böhmermann confirmant avoir bien réalisé ce montage pour son clip vidéo V for Varoufakis]
[2] Le sujet de Paris Match contient un excellent article permettant de mieux cerner qui est Varoufakis. Il est suivi d’une interview (réalisée dans l’avion entre Athènes et Bruxelles), elle aussi, très intéressante. Certes, les photos qui illustrent le sujet ne sont pas tout à fait appropriées, mais Yanis Varoufakis qui rentrait tard la veille au soir d’un colloque à Venise et repartait le lendemain après-midi pour l’Eurogroupe à Bruxelles, a manqué de temps, et de vigilance, pour contrôler ces photos, qui, selon ses propres termes, manquaient d’esthétisme. Bien entendu, la presse de caniveau s’est emparée de l’affaire pour décliner un tel nombre d’âneries que cela en est affligeant pour la profession de journaliste. Tous ces perroquets semblent ignorer que le paysage urbain à Athènes a été largement modifié dans années les 60 et 70, et que les terrasses sur toit sont très communes à Athènes. Et, en plus, beaucoup d’entre elles ont vue sur le Parthénon ! L’appartement qu’occupe actuellement Yanis Varoufakis et son épouse Danae est un modeste trois-pièces, à l’intérieur de la maison des parents de Danae, qui ont accepté de les loger le temps d’emménager dans leur propre logement. Parlons donc également du repas pantagruélique des époux Varoufakis : du poisson grillé et de la salade (repas typique grec en période de carême) accompagnés d’un verre de vin blanc de Santorin.
Bref, le couple Varoufakis ne vit pas dans l’opulence, même si tous deux sont issus de familles bourgeoises aisées.
Voilà à quoi en est réduite une certaine presse, non seulement en France, mais partout dans ces beaux pays « civilisés » qui ont déclenché deux guerres mondiales, colonisé l’Afrique, l’Amérique du Sud et une grande partie de l’Asie. Il est à se demander si cette presse ne serait pas aux ordres pour défendre contre vents et marées - et surtout contre les peuples ! - les ploutocrates et les oligarques de tout poil.
Justement, l’idée de cet article dans Paris Match visait à montrer que Yanis Varoufakis n’est pas ce « communiste avec un couteau entre les dents », comme voulaient de plus en plus souvent nous le faire croire cette même presse qui aujourd’hui le traîne dans la boue parce qu’il ne serait pas suffisamment de gauche !
Comprenne qui pourra !!


auquel j'ajoute ce commentaire  : 
Une chose me frappe de plus en plus dans ce qu'est en train de faire la Grèce ,  qui, comme vous le dites ,  a toutes les chances de réussir . 
C'est à la fois un retour à la démocratie , l'écoute de la volonté du peuple, la prise en compte de ses angoisses et de ses besoins ,  et c'est aussi une remise en cause totale de toute la politique économique Européenne et de son "modèle de la dette" inspiré des USA. 
En cédant un pouvoir régalien essentiel (celui de la création monétaire) , nos gouvernements  ont en fait tué la démocratie puisque les politiques économiques ne dépendent  plus des électeurs et des programmes de  ceux qu'ils élisent, mais bien des diktats des marchés dont les acteurs ne sont par définition  pas élus . Ce sont les marchés qui imposent leurs règles , leurs exigences , leurs taux  , leurs programmes de réformes...  
Lors de sa dernière conférence de presse,  et en évoquant le cas Grec, Draghi a été très clair sur le sujet . Il l'avait déjà été il y a quelques années en expliquant de manière tout à fait claire que les modèles sociaux Européens étaient "morts" . 
En indexant la restructuration de la dette Grecque sur une croissance retrouvée, la Grèce change totalement l'actuelle  règle du jeu. L'argent  et l'usure ne servent  plus l'argent  lui même, ils ne sont plus une fin en soi,  ce que dénonçait déjà Aristote , il redeviennent moyen   et mieux , ils établissent un partenariat entre le prêteur et l'emprunteur qui fait que les deux ont intérêt à ce que le contrat de prêt soit couronné de succès .. 
C'est  ce qui m'avait frappée lorsque j'ai écrit mon billet sur "la dette grecque : tournant philosophique" . 
Mais le gros problème est que les "acteurs réels " que j'ai déjà évoqués , à savoir les financiers perdent totalement le pouvoir de coercition qui était le leur .  Les modalités du contrat devenant un partenariat dans lequel les deux parties doivent pouvoir trouver leur équilibre . Il n'y a plus de rapport dominant/dominé .. 
Nous ne sommes plus dans une politique d'offre qui doit susciter la demande pour reprendre des termes économiques en cours , mais dans une politique ou demande et et offre doivent s'équilibrer dans l'intérêt mutuel . 
Lorsque Sapir évoque la possible réquisition de la Banque Centrale Grecque pour pallier au problème urgent de liquidités du gouvernement , en fait il restitue ce pouvoir régalien de création monétaire au politique, le politique se donnant directement les moyens de fonctionner sans dépendre du bon vouloir d'autres acteurs .
C'est  exactement ce que De Gaulle faisait en utilisant harmonieusement à la fois la possibilité d'emprunter pour financer de grands projets  d'infrastructure,  tout en jouant avec l'escompte gratuit des billets du Trésor par la Banque de France pour régler les problèmes ponctuels de trésorerie sans  alourdir la dette de l'état par des intérêts financiers indus .  Et c'était d'autant plus efficace que contrairement à notre situation actuelle ,  ces injections de liquidités  se faisaient directement dans l'économie(création d'emplois et de richesses) sans être obligées de passer par le système financier qui les capte pour spéculer au lieu de les utiliser pour soutenir l'économie en question , comme c'est le cas aujourd'hui . 
Les propositions  du Gouvernement Grec actuel concernant "le modèle de la dette" doivent nous permettre de réouvrir ces débats  qui sont essentiels  car aucune politique économique ne peut avoir lieu si le contrôle de la monnaie qui est le moyen de ces politiques,   reste détenu  par d'autres  acteurs qui ne servent ni l'intérêt général, ni l'intérêt des peuples concernés puisqu'ils n'ont pas été élus ..


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MessagePosté le: Sam 21 Mar - 11:08 (2015)    Sujet du message: Publicité

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